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À l’initiative des Socialistes & Démocrates, le Parlement européen appelait ce 14 novembre le gouvernement conservateur et le parlement polonais à arrêter les propositions de loi destinées à criminaliser la dispensation de cours d’éducation sexuelle détaillés à des mineurs. Prétexte polonais invoqué : éviter la pédophilie. Adoptée, la loi affecterait les enseignants, les prestataires de soins de santé, les journalistes, même les parents. Tous risqueraient des peines de prison, ne fût-ce que pour la diffusion d’informations sur la contraception ou les risques d’exploitation sexuelle.

Adoptée, cette loi serait non seulement contraire à la Charte des droits fondamentaux de l’UE et aux normes internationales, mais aussi à la directive européenne de 2013 qui appelle les États membres, Pologne comprise, à prendre des mesures pour réduire le risque de voir les enfants subir des abus ou l’exploitation sexuels.

Evelyn Regner, eurodéputée et négociatrice S&D de la résolution, présidente de la commission FEMM du Parlement européen, a déclaré ceci :

« La proposition de loi polonaise est absolument honteuse. Je suis fière que cette assemblée l’ait condamnée, sous le leadership des Socialistes & Démocrates. Prétextant de la prévention de la pédophilie, les conservateurs polonais veulent interdire l’éducation sexuelle dans les écoles et imposer leurs conceptions rétrogrades sur la santé génésique. Nous exhortons la Pologne de ne pas adopter une loi qui replongerait le pays dans l’obscurantisme et qui contrevient aux droits et libertés fondamentaux. »

« Dispenser aux jeunes une éducation sexuelle détaillée n’est pas un crime, c’est une part essentielle de l’éducation ! En effet, l’internet soumet les enfants d’aujourd’hui à un flot continu et immense d’informations. À quoi s’ajoutent la pression des pairs et des influenceurs des réseaux sociaux. En interdisant la dispensation d’éducation sexuelle par les enseignants et autres professionnels, on abandonne les jeunes durant une des étapes les plus cruciales et compliquées de leur adolescence. En tant que mère, je veux que mes enfants élaborent une image saine et positive de leur corps et de leurs relations. Cela nécessite des familles fortes, des enseignants compréhensifs et des éducateurs professionnels. »

 Tudor Ciuhodaru, eurodéputé et négociateur S&D de la résolution en commission LIBE, a ajouté ce qui suit :

« Je dispose de 25 années d’expérience en tant que médecin, et j’ai été membre pendant de longues années de la commission Santé du parlement roumain. J’affirme sans le moindre doute qu’il est extrêmement important que l’éducation à la santé soit accessible partout, à tout moment et à tout citoyen de l’UE. L’éducation à la santé génésique, y compris les notions anatomiques et physiologiques fondamentales, en fait partie intégrante. En ces temps d’omniprésence de la violence sexuelle, particulièrement sur le net, et alors que les grossesses adolescentes restent un problème social majeur dans toute l’Europe, il est de notre devoir d’équiper les adolescents des informations et outils qui leur permettent de donner un sens à ce qu’ils voient en ligne ou entendent de la part de leurs pairs. Cela implique qu’il faut leur dispenser une éducation détaillée sur la santé génésique.

Pour finir, n’oublions pas que la santé sexuelle est fondamentale pour la santé et le bien-être généraux des individus. L’accès aux soins de santé, santé génésique comprise, est un droit humain. »

Eurodéputés impliqués

CIUHODARU Tudor

Membre
Roumanie

REGNER Evelyn

Membre
Autriche

Contact presse S&D

CZERNY-GRIMM Inga

Press Officer
Pologne

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